Daniel Goron
Daniel Goron reflété dans un miroir accroché à la fenêtre d'un café parisien, un Leica contre la poitrine, la rue visible à travers la vitre à côté de lui.
Autoportrait, Paris, janvier 2026. Leica Q3, 28 mm, f/1,7.

À propos

Je suis photographe, installé à Londres. L'essentiel de ce que je fais se passe dans la rue, au 28 mm, d'assez près pour qu'on me remarque de temps en temps.

Le verre m'attire. Les vitrines, les miroirs de café, la porte d'un brocanteur où le portrait d'un yorkshire fixe une femme à lunettes noires qui ne l'a pas vu. Une vitre donne deux images à la fois sans laisser ni l'une ni l'autre se poser, et c'est à peu près ce que je cherche : un cadre trouvé plutôt qu'un cadre construit.

L'habitude voyage. En Algarve, le cadre est une faille entre deux rochers ; à La Valette, ce sont les lames d'un volet, ou deux chaises laissées face au port, vides. Matière différente, même réflexe — se placer là où l'image est déjà cadrée, et attendre.

C'est surtout du noir et blanc, et plutôt silencieux. La couleur s'invite quand elle insiste : des cheveux roses sur un mur noir, des guirlandes dans un café parisien, et toute la côte atlantique vers huit heures du soir. Je n'emporte qu'un boîtier et un objectif : il ne reste à décider que l'endroit et le moment.

La montagne, je n'y arrive toujours pas. J'y retourne quand même.

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